Comment agit la suggestion

Pour bien comprendre le rôle de la suggestion, ou plutôt de l’autosuggestion, il suffit de savoir que l’inconscient est le grand directeur de toutes nos fonctions. Faisons-lui croire, comme je l’ai déjà dit précédemment, que tel organe qui ne fonctionne pas bien, doit bien fonctionner; instantanément, il lui en transmet l’ordre, et celui-ci, obéissant docilement, sa fonction redevient normale, soit immédiatement, soit peu à peu.

Ceci permet d’expliquer d’une façon aussi simple que claire comment, par la suggestion, on peut arrêter des hémorragies, vaincre la constipation, faire disparaître des fibromes, guérir des paralysies, des lésions tuberculeuses, des plaies variqueuses, etc.

Je prendrai, comme exemple, le cas d’une hémorragie dentaire, cas que j’ai pu observer dans le cabinet de M. Gauthé, dentiste, à Troyes. Une jeune fille, que j’avais aidée à se guérir d’un asthme qui durait depuis huit ans, me dit un jour qu’elle voulait se faire arracher une dent. Comme je la savais très sensible, je lui offris de la lui faire arracher sans douleur. Naturellement elle accepta avec plaisir et nous prîmes rendez-vous avec le dentiste. Au jour dit, nous nous rendîmes chez lui, et, me plaçant devant la jeune fille, je lui dis: « Vous ne sentez rien, vous ne sentez rien, vous ne sentez rien, etc. » et, tout en continuant ma suggestion, je fis signe au dentiste. Un instant après, la dent était enlevée, sans que Mlle D… eût sourcillé. Comme il arrive assez souvent, une hémorragie se déclara. Au lieu d’employer un hémostatique quelconque, je dis au dentiste que j’allais essayer de la suggestion, sans savoir à l’avance ce qui se produirait. Donc, je priai Mlle D… de me regarder, et je lui suggérai que, dans deux minutes l’hémorragie s’arrêterait d’elle-même, et nous attendîmes. La jeune fille rejeta encore quelque crachats sanguinolents, et ensuite plus rien. Je lui dis d’ouvrir la bouche, regardâmes et nous constatâmes qu’il s’était formé un caillot de sang dans la cavité dentaire.

Comment s’expliquer ce phénomène? De la façon la plus simple. Sous l’influence de l’idée : « l’hémorragie doit s’arrêter », l’inconscient avait envoyé aux artérioles et aux veines l’ordre de ne plus laisser s’échapper du sang et, docilement, elles s’étaient contractées naturellement comme elles l’auraient fait artificiellement, au contact d’un hémostatique, comme l’adrénaline, par exemple. Le même raisonnement nous permet de comprendre comment un fibrome peut disparaître. L’inconscient ayant accepté l’idée « le fibrome doit disparaître », le cerveau ordonne aux artères qui le nourrissent de se contracter, celles-ci se contractent, refusent leurs services, ne nourrissent plus le fibrome et celui-ci privé de nourriture, meurt, se dessèche, se résorbe et disparaît.

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